Papa ne fêtera plus Noël
 
(paroles : Michaël Perruchoud - musique : Sébastien G. Couture)
 
 
© Sébastien G. Couture, 2002 SOCAN - Michaël Perruchoud, 2002 SUISA
 
     
Désolé les enfants
Papa ne fêtera plus Noël
Il attend l’jour de l’an
À lire des polars à l’hôtel

Certains diront que je me vautre
Que je me couche en plein délit
Mais il n’y a personne d’autre
Entre mes bras et dans ma vie
Je n’en pouvais seulement plus
De ces excès de glucose
Des sourires lourds et convenus
De toute cette joie de ménopause

Les oncles et les cousins
J’m’en ferais deux, trois au court-bouillon
Ils me vrillent les intestins
Tellement ils ont l’art d’être cons
Et trop leur sourire en face
Ça fait tourner la nourriture
J’préfère vraiment être à ma place
Que les molaires dans la panure

Désolé les enfants
Papa ne fêtera plus Noël
Il y a déjà longtemps
Que l’bonheur ne tombe plus du ciel

J’ai trop souffert sous Walt Disney
À croire que l’histoire finit bien
Que j’aurai tout c’que je voudrai
Que seuls les fainéants n’ont rien
Y’a des efforts sans récompense
Y’a des récompenses sans efforts
Les joies ne sont souvent que chance
Ça je le sais de tout mon corps
Votre mère j’aurais pu la perdre
Ou ne jamais la rencontrer
On n’récolte pas ce qu’on sème
On sait même pas c’qu’on a planté

Désolé les enfants
Papa ne fêtera plus Noël
À votre âge s’est emmerdant
Un père fâché avec le ciel

Tout l’monde sera contre moi
On ne prive pas ses enfants
De leur fête et de leurs joies
Sous des prétextes insignifiants
Qu c’est une sacrée injustice
De n’pas recevoir de cadeau
Sûrement que je culpabilise
Devant mon pack de Kanterbrau

On a raison contre tous
Ou tort face à n’importe qui
J’aimerais que les rêves qui vous poussent
Soient ceux que vous aurez choisis
Et non ceux d’un vieillard de neige
Qui sème la joie tous les hivers
Le cœur vendu à son cortège
Le dos tourné à la misère

Désolé les enfants
Papa ne fêtera plus Noël
Il vous aime tout autant
Sans la crèche et l’arc-en-ciel

Seulement j’ai besoin d’être seul
Quand tout le monde se congratule
Et me draper dans mon linceul
Pour mieux faire passer la pilule
Désolé mais le bonheur
C’est pas quelque chose de contagieux
Moi, je bous dans mes rancœurs
J’ai pas le don pour être heureux
Et encore moins pour le montrer
Dans les guirlandes et les sapins
À l’heure où l’on doit oublier
Un an vécu pour presque rien

Désolé les enfants
Papa ne fêtera plus Noël
Il attend l’jour de l’an
À lire des polars à l’hôtel
     
 
Genève
 
 
2002
 
     
© Sébastien G. Couture, 2002 SOCAN - Michaël Perruchoud, 2002 SUISA