Pas de nouvelles, bonnes nouvelles
 
(paroles : Michaël Perruchoud et Sébastien G. Couture - musique : Sébastien G. Couture)
 
 
© Sébastien G. Couture, 2003 SOCAN - Michaël Perruchoud, 2003 SUISA
 
     
On dit pas d’nouvelles bonne nouvelles
Mais des nouvelles y’en a tout l’temps
De quoi remplir toutes les poubelles
De quoi salir tous les écrans

La guerre ne se porte pas trop mal
Du bon pétrole plein les artères
Faut qu’on voit bien tout l’arsenal
Et les mirages dans le désert

Moi j’me bois une p’tite bibine
Bien au chaud dans mon pantalon
Ma télé déborde en sourdine
Et y’a du sang dans mon salon

Ma télé déborde en sourdine
Et y’a du sang dans mon salon

On dit pas d’nouvelles bonne nouvelles
Mais les nouvelles ne foutent pas l’camp
On n’les voit plus on n’voit plus qu’elles
Les morts en deviennent rassurants

Ils peuvent massacrer des familles
Violer des enfants des p’tits vieux
C’est bien filtrer par la lentille
On compte les morts c’est presque un jeu

Ça n’nous coupe même pas l’appétit
On se sent à peine concernés
Les morts meurent souvent loin d’ici
Mais y’a du sang sur mon plancher

Les morts meurent souvent loin d’ici
Mais y’a du sang sur mon plancher

On dit pas d’nouvelles bonnes nouvelles
Mais les nouvelles ne perdent pas d’temps
Avec la mort de ceux et celles
Qui n’sont pas montrables à l’écran

À cause d’un seul Bush à nourrir
Y’a des millions qui crèvent de faim
De maladie ils peuvent pourrir
C’est trop sale on s’en lave les mains

Car si l’on devait tout montrer
L’histoire entière serait en deuil
Le sang giclerait d’ma télé
À me noyer dans mon fauteuil

Le sang giclerait d’ma télé
À me noyer dans mon fauteuil

Pour garder ma conscience tranquille
J’ai composé cette chanson
C’est moins tuant qu’aller en ville
Pour faire une manifestation

J’me débouche une autre bibine
Et j’éteins ma télévision
     
 
Genève
 
 
février 2003
 
     
© Sébastien G. Couture, 2003 SOCAN - Michaël Perruchoud, 2003 SUISA