Confiteor – Jaume Cabré

cabre_confiteorTerminé en août 2014

J’ai beaucoup aimé ce livre. On se sent intelligent dans une telle lecture. Surtout que l’auteur déploie une belle érudition et nous en met plein la vue sans esbroufe. C’est gratifiant de ne pas être prix pour un con. J’ai retrouvé ça aussi dans certains livres d’Umberto Eco, mais ici, c’est plus chaleureux et plus subtil.

Adrià essaie de grandir normalement entre son père qui veut faire de lui un singe savant polyglotte et sa mère qui veut en faire un virtuose du violon.

On apprend que son père voulait devenir prêtre dans ses jeunes années, jusqu’à ce que jour lors de ses études à Rome où il rencontre une belle Italienne qui l’emmène faire un tour derrière les cageots à tomates et lui vole sa vertu en même temps que sa vocation. De cette union naîtra une fille, mais on n’en saura rien avant le milieu du bouquin, car le jeune homme s’enfuit et s’installe à Barcelone, se marie et ouvre une boutique d’antiquités.

La provenance de ces antiquités est bien douteuse, probablement rachetées à vil prix à des Juifs en fuite, mais le père d’Adrià n’en a cure tellement l’appât des belles choses et des manuscrits précieux (et peut-être un peu du gain) est fort. Et comme une drogue, il en veut toujours plus.

Quand son père meurt assassiné des suites de ces tractations aux limites de l’honnêteté, Adrià et sa mère commenceront à se douter qu’il y a des choses malsaines dans tout ça. Mais voilà, faut faire avec, la boutique doit tourner.

Le narrateur est Adrià lui-même qui dépose de façon confuse sa vie sur le papier. D’autant plus confuse qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer et que sa mémoire se barre en même temps que sa tête débloque. « Et c’est dommage, ce type qui parlait seize langues et qui maintenant ne sait plus écrire son nom. » Si je me souviens bien, il écrit tout pour sa femme, décédée.

On y suit en filigrane l’histoire d’un violon très précieux, en commençant par ceux qui ont coupé le bois pour le fabriquer, par celui qui l’a confectionné (Storioni), et par toutes les mains dans lesquelles il est passé avant d’aboutir au font du coffre-fort dans le bureau du père d’Adrià.

On suit l’histoire de son copain de toujours, connu à l’école de violon, qui deviendra écrivain raté et qui finira, lorsque la maladie sera trop présente chez Adrià, par publier les écrits de ce dernier à son compte. En partie pour sauvegarder la mémoire de son compère, en partie pour sa gloire personnelle.

Et tout un foisonnement de personnages, de lieux et de faits. Il faut le temps pour pénétrer dans ce bouquin (parce que très confus et touffu au départ), mais une fois qu’on y ait on souhaite ne pas en sortir et c’est tristement qu’on tourne la dernière page.

 

 

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