Chère petite

(paroles et musique : Sébastien G. Couture)
© Sébastien G. Couture, 1993 (SOCAN)

(Chanson écrite en réponse à « Ton frère » de Sophie Anctil)

J’ai compris, ma chère petite,
Que ce que tu aimes chez moi
Ce sont mes bibelots, mes potiches,
Mon argent et mes draps de soie,
Mes vestons, ma lotion capillaire,
Ma cave, ma canne et mon chat;
Tous ces machins, tu les préfères
À moi.

J’ai compris, ma chère petite,
Que mes doux baisers te laissent froide;
Quasi gelée, telle une truite,
Toujours tu me glisse des doigts.
Sauf quand ils sont chargés de perles,
Alors tu reviens contre moi.
C’est ma fortune qui t’amène
Dans mes bras.

J’ai compris, ma chère petite,
Ce qui ne va pas entre nous:
Tu aimes ma bourse plus que ma bite;
J’comprends tout ça et je m’en fous.
Mais la seule chose que je n’digère
Pas, qui me reste sur l’estomac,
C’est que tu aimes mieux mon frère
Que moi.

Aussi, je n’arrête pas de rire,
Pauvre sotte, quand je songe à toi,
Car celui pour qui tu soupires
Passe ses nuits en d’autres bras:
Ceux du cuisinier, du notaire,
Du facteur, du caissier, du libraire,
Du bedeau, du curé, du docteur
Et de ta soeur
Qui, faut bien le dire, reste très masculin
Malgré ses talons hauts, son Rimmel, ses faux seins.

Allons, ne pleure pas ainsi;
Tu taches mon tapis de Turquie.
Mon frère, tu peux le retrouver:
Ce soir il doit être au bar gay.
Tu lui diras salut d’son frère,
De son cher Robert.

Québec, 6 novembre 1993

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