Fidèle au printemps

(paroles et musique : Sébastien G. Couture)
© Sébastien G. Couture, 1993 (SOCAN)

Il est dur de rester sage, mon amour,
Quand les filles, au printemps, se décident
À mettre de côté quelques atours;
S’offrant si simplement aux yeux avides,
Même qu’elles osent en rire, les perfides.
Devant de légers corsages,
Qu’il est dur de rester sage,
Dur de rester sage.

Il est dur d’être fidèle, mon âme,
Quand le soleil rend les filles semblables
À des flammes de chair, chaudes et nues,
Qui vous brûlent les yeux sans retenue,
Et elles rient, fausses ingénues.
Quand leur peau ouvre grand les ailes,
Qu’il est dur d’être fidèle,
Dur d’être fidèle.

Il est dur d’être volage, ma mie,
Car ton amour m’est la plus douce geôle.
J’y fus jeté pour le simple délit
D’avoir aimé la tendreur de ta peau
Ainsi que ma main qui te frôle.
Quand mon corps redevient sage,
Qu’il est dur d’être volage,
Dur d’être volage.

Mais que tes bras ouvrent leur cage,
Déjà je foule d’autres rivages;
Déjà je bois à toute source,
Qu’elle soit brune, noire, blonde ou rousse;
Déjà je plonge et je me noie
Dans la fraîcheur d’un doux minois.
Quand le printemps lance son appel,
Moi, je n’y suis jamais rebelle.

Je suis fidèle au printemps,
J’y reviens à tous les ans.
Je suis fidèle au printemps,
J’y succombe à tous les ans,
Tombe à tous les ans.

Québec, 20 juin 1993

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Historique

Curieusement, je ne me souviens plus trop, où et comment j’ai écrit cette chanson. Elle est sûrement autobiographique, mais vous dire en quoi…

Je me souviens que je n’avais plus d’appartement et que j’étais hébergé chez une fille originaire de Trois-Pistoles qui passait l’été chez ses parents. Mais ma mémoire a de grands trous sur qui elle était et sur ses colocataires. J’en profite pour les remercier au passage de leur accueil, même si l’une d’entre elles m’a piqué une table que j’avais oubliée par négligence dans leur maison.

Michel Rivard avait lu ce texte lors de l’édition du Festival en chansons de Petite-Vallée dont il était parrain. Il m’avait dit que ce n’était pas l’écriture qui me causerait de problème. Lard ou cochon ? Comme la chanson !

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