Question d’intérêt

(paroles et musique : Sébastien G. Couture)
© Sébastien G. Couture, 1994 (SOCAN)

Je vois bien que tu sens ses caresses,
Qu’autour de toi, plus rien ne presse;
Qu’ils sont si doux tes moindres gestes.

Je vois bien que tu sens son étreinte,
Que tu es hors de toute atteinte;
Même ton sourire n’est plus une feinte.

Mais ça ne m’intéresse pas.

Je vois bien que t’entends sa prière
Quand elle te tire vers l’arrière
Et que tu tombes, les bras ouverts.

Je vois bien que tu goûtes son miel
Quand sur ses ailes, vers l’autre ciel,
Elle t’emmène où tout t’appelle.

Mais ça ne m’intéresse pas.

Tu tournes le dos devant ta peur
Et tu renies toutes tes erreurs
Qui te font courir à ta perte.
Tu crois qu’il n’y a rien d’autre à faire;
Tu manques d’air;
Et puis nos guerres…
Et toi tu désertes.

Je vois bien que tu vois son visage
Tout comme un phare dans ton naufrage;
Plus il s’éloigne et plus tu nages.

Je sais bien quelles sont ses promesses,
À quels prix toute son ivresse;
Elle se rit bien de ta détresse.

Et elle ne m’intéresse pas.

Tu tournes le dos devant ta peur
Et tu renies toutes tes erreurs
Qui te font courir à ta perte.
Tu crois qu’il n’y a rien d’autre à faire;
Tu manques d’air;
Et puis nos guerres…
Et toi tu désertes.

Et tu veux m’emmener dans ta danse,
Me faire croire à ta délivrance.
Je vois que tu veux que je danse
Avec toi cette délivrance.
Tu veux m’emmener dans ta danse,
Aux rythmes de ta déchéance,
Aux tristes chants de ta souffrance…

Mais ça ne m’intéresse pas.

Moi, j’ouvre les yeux devant ma peur,
Je fais le compte de mes erreurs
Pour courir moins vite à ma perte.
Car je sais que tout me reste à faire;
Je manque d’air;
Et puis nos guerres…
Oui, mais moi, je reste.
Oui, mais moi, je reste.
Je reste.

Gaspé, début janvier 1994

 

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